Un bassin versant de près de 1 300 km² situé majoritairement en Côte-d’Or
Le SITIV, le SITNA et la Commission Locale de l’Eau (CLE) œuvrent ensemble pour une gestion équilibrée et durable de l’eau sur le bassin versant de la Tille. Nos structures regroupent des collectivités, des acteurs économiques, associatifs et citoyens, unis par un même objectif : préserver la ressource en eau, les milieux aquatiques et les zones humides qui font la richesse de notre territoire.
À travers nos actions, nous accompagnons les communes, les usagers et les partenaires locaux dans la mise en œuvre du Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE). Nos missions vont de la restauration écologique des cours d’eau à la sensibilisation du grand public, en passant par l’appui technique aux projets locaux. Ensemble, nous construisons un avenir où l’eau reste une ressource vivante, partagée et respectée.
Un territoire drainé par de nombreux cours d’eau
Le bassin versant est drainé par un réseau hydrographique dense de près de 800 km de cours d’eau dont 300 km de cours d’eau principaux.
Les principaux cours d’eau :
- La Tille : Rivière principale du bassin, elle s’étend sur 88 km. Elle est formée par la confluence des « quatre Tilles » située à Marey-Sur-Tille : la Tille de Salives, la Tille de Bussières, la Tille de Villemoron, la Tille de Villemervry.
- L’Ignon : Affluent de rive droite de 44 km, il prend sa source à Poncey-sur-l’Ignon et conflue avec la Tille à Til-Châtel.
- La Norges : Affluent de rive droite de 34 km, elle prend sa source à Norges-la-Ville et rejoint la Tille à Longeault-Pluvault.
- La Venelle : Affluent de rive gauche de 33 km, elle prend sa source à Vaillant et conflue avec la Tille à Lux.
- L’Arnison : Affluent de rive gauche de 18 km, il prend sa source à Chambeire et rejoint la Tille à Champdôtre.
- Le Crône (ou Crosne) : Affluent de rive gauche de 14 km, il prend sa source à Binges et conflue avec la Tille à Longeault-Pluvault.
Un contexte hydrogéologie marqué par des plateaux calcaires à dominance karstique au nord et une plaine alluviale au sud
À l’amont du bassin, dans les calcaires affleurants du Jurassique, les cours d’eau naissent de la résurgence de circulations karstiques. Des pertes importantes existent sur l’Ignon notamment au niveau de Villecomte. La résurgence du Creux bleu à Villecomte permet le soutien d’étiage de l’Ignon aval.
Le réseau hydrographique se densifie très fortement à l’aval de Lux, avec le passage d’un contexte calcaire et marno-calcaire du seuil de Bourgogne à un contexte de plaine alluviale à l’aval de Spoy, où les cours d’eau communiquent avec la nappe superficielle (anciens marais des Tilles et de la Norges).
Un régime hydrologique pluvial
Le régime hydrologique de la Tille et de ses affluents dépend principalement des précipitations :
- Les débits les plus élevés sont observés en hiver (janvier-février)
- Les basses eaux (étiages) surviennent surtout en été (août-septembre)
En période sèche, certains cours d’eau du bassin connaissent des débits très faibles, voire des assèchements temporaires. Ces phénomènes sont liés au contexte météorologique ainsi qu’à la géologie du territoire, notamment à la présence de karsts qui donnent lieu à des zones de pertes et d’exsurgences.
- La Tille : Son débit diminue progressivement de l’amont vers Til-Châtel, avec des étiages sévères entre Til-Châtel et Spoy. À l’aval, la rivière est réalimentée par la Norges.
- L’Ignon : Son débit varie selon la nature des sols traversés, avec des zones de pertes et d’assecs sur son cours moyen.
- La Venelle : Le débit baisse fortement en aval de Selongey et peut devenir quasi nul en période sèche.
- La Norges : Les faibles débits naturels sont partiellement compensés par les rejets des stations d’épuration.



De nombreux milieux humides et zones humides à préserver
Au-delà de leur rôle écologique essentiel, les zones humides offrent de nombreux bénéfices sociaux et économiques et constituent des alliées majeures face au changement climatique (régulation de l’eau, biodiversité, atténuation des crues, stockage du carbone).
Sur le périmètre du bassin de la Tille, on recense actuellement :
- Environ 1 550 hectares de zones humides avérées
- Environ 1 400 hectares de zones humides potentielles
- 175 mares, de tailles et de typologies variées
Ces chiffres correspondent à des estimations minimales. Des inventaires complémentaires pourront être réalisés afin de préciser ces données et de mettre en place des plans de gestion adaptés, garantissant la préservation et la valorisation durable de ces milieux.
Une occupation des sols contrastée
L’occupation du sol du bassin de la Tille est majoritairement marquée par les grandes cultures, qui représentent 54 % des surfaces. Les bois et forêts occupent environ 40 % du territoire. Les zones urbanisées (5,4%) ainsi que les gravières et plans d’eau (0.6%) complètent cette répartition.
Il existe une nette différence existe entre l’amont marqué par un territoire rural majoritairement forestier et des pâtures et l’aval du bassin plus urbanisé et des terres agricoles majoritairement dédiées aux cultures, créant des paysages contrastés.
Des ensembles paysagers diversifiés
Le relief, la végétation et les activités humaines ont façonné six grands ensembles paysagers distincts :
- La montagne nord dijonnaise : Vaste plateau calcaire entaillé par des vallées ouvertes vers la plaine. Un important réseau karstique souterrain alimente de nombreuses sources.
- La plaine dijonnaise : Plaine largement ouverte sur des sols calcaires, recouverte au sud d’argiles fertiles. Elle est marquée par des terrasses alluviales et d’anciens dépôts de cailloutis.
- La plaine de Genlis (ou plaine des Tilles) : Plaine alluviale plate et très ouverte, où convergent la Tille, la Norges et l’Ouche. Le paysage est fortement dominé par l’agriculture.
- L’agglomération dijonnaise : Espace urbain structurant qui laisse rapidement place, vers l’est, à de vastes espaces agricoles.
De nombreux ouvrages hydrauliques témoignant de l’histoire su territoire mais pouvant dégrader la qualité des cours d’eau
L’utilisation de la force de l’eau a marqué l’histoire du territoire. Autrefois, les rivières de tête de bassin servaient principalement à faire fonctionner moulins et autres installations, comme le montrent les nombreux vestiges et biefs encore visibles aujourd’hui.
Si la plupart de ces ouvrages ont perdu leur fonction d’origine, certains ne sont plus du tout opérationnels. Leur présence peut freiner la circulation naturelle des eaux, des espèces et des sédiments, impactant la continuité écologique selon leur taille, leur emplacement. De surcroît, l’effet cumulatif de plusieurs ouvrages successifs aggravent d’autant plus la situation.


